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Musique et danse soufies

Noureddine Khourchid et les derviches tourneurs de Damas

Mené par Noureddine Khourchid, grande voix de la mosquée des Omeyyades de Damas et virtuose du répertoire sacré, cet ensemble exceptionnel réunit des musiciens religieux de l’une des plus importantes confréries soufies du monde arabe, rejoint par des danseurs de la confrérie des derviches tourneurs de renommée mondiale.
Les psalmodies incantatoires, soutenues par un chœur qui éclot en solos, s’harmonisent aux rythmes envoûtants du daff et du oud et à la danse enivrante des derviches. Un spectacle hypnotique et rare, suspendu entre ciel et terre, pour clore la 30e édition des Rencontres d’Averroès !


Avec
Noureddine Khourchid, chant, direction musicale
Hassan Arbach, chant
Abdurahmane Modawar, chant
Adel Halima, chant
Mohamed Kahil, chant, daff
Hamdi Malas, daff
Mohamed Kodmani, oud
Yazan Al-Jamal, danse
Ahmad Altair, danse
Hatem Al-Jamal, danse


Pourquoi les derviches tourneurs tournent-ils ?

« Derviches tourneurs » est le nom donné par les Européens aux adeptes de la confrérie des Mevlevi (mawlawiyya). Cet ordre de soufis a été créé par le fils du grand poète et mystique persan Jalal al-Din Roumi à Konya, en Turquie actuelle, au XIIIe siècle. Afin d’approcher le plus possible de la connaissance intime de Dieu, les fidèles se livrent, entre autres, à une cérémonie musicale et dansée appelée le samā. Celle-ci peut être individuelle ou collective, sous la direction du shaikh, ou maître spirituel de la confrérie. Dans ce cas, le samā a lieu après la prière, et commence toujours par la lecture d’un poème extrait du Masnavi de Roumi.

Les derviches tourneurs se déplacent d’abord avec lenteur et font trois fois le tour de la piste. Chaque derviche se tourne vers celui qui est derrière lui et tous deux s’inclinent avant de reprendre leur circumambulation. Ce déplacement est le symbole des âmes errantes cherchant à la périphérie de l’existence. Après le troisième tour, le maître prend place sur son tapis et les danseurs attendent. Alors les chanteurs chantent et quand ils s’arrêtent, les derviches, en un geste triomphal, laissent tomber leur manteau noir, dévoilant leur vêtement blanc. La chute du manteau est celle de l’illusion. Quand le manteau noir qui représente l’enveloppe charnelle est abandonné, c’est la résurrection. Les derviches, bras croisés sur la poitrine, mains sur les épaules, se mettent à tourner lentement, sur eux-mêmes puis écartent les bras, la main droite tournée vers le ciel pour récolter la grâce de Dieu et la main gauche tournée vers le sol pour la dispenser vers les hommes. En même temps qu’ils tournent sur eux-mêmes, ils tournent autour de la salle. Ce double tour figure la loi de l’univers, l’homme tourne autour de son centre, son cœur, et les astres gravitent autour du soleil. Ce double symbolisme cosmique est le véritable sens du samā : toute la création tourne autour d’un centre.

Le samā a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO en 2008.

À lire pour aller plus loin

  • Les Derviches tourneurs. Doctrine, histoire et pratiques, Alberto Fabio Ambrosio, Ève Feuillebois, Thierry Zarcone, éditions du Cerf, 2006.
  • Mystique et poésie en islam. Djalâl-ud-Dîn Rûmî et l’Ordre des derviches tourneurs, Eva de Vitray-Meyerovitch, Desclée de Brouwer, 1982.
  • Roumi le brûlé, Nahal Tajadod, J.-C. Lattès, 2004.
Sources : site de l’Institut du Monde Arabe, Wikipédia.


 

Production Zaman Production. Avec le soutien spécifique de la Ville de Marseille.
dimanche 19 nov. 2023, 17h
Cepac Silo

de 30 € à 15 €
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durée : 1h30